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Contre la faux-culterie à tous les étages

La violence des Gilets Jaunes

   Les médias et les racailles dont ils aiment à exhiber quotidiennement l’indécence s’insurgent à longueur de temps contre les violences subies ces jours derniers par les « forces de l’ordre ». Mais jamais contre celles que lesdites « forces de l’ordre » infligent aux manifestants qui se battent pour leur dignité et leur pain. Les médias sont payés pour discriminer entre le Mal et le Bien, le peuple et les « élites ». Il est étrange qu’on ne les croie plus et qu’on se promette de leur faire la peau si l’occasion s’y prête.

    En tout état de cause, l’État s’est assuré le monopole de la violence, et il semblerait que cette situation paraisse légitime à tous. Mais en quoi ce monopole serait-il légitime ? Quel « ordre » les « forces de l’ordre » défendent-elles ?
     
     On pourrait considérer comme légitime un monopole étatique de la violence si l’État était la forme adoptée par une réelle souveraineté populaire. Mais ce n’est pas le cas de nos démocraties représentatives – qui ne sont pas plus démocratiques qu’elles ne sont représentatives. L’État est une organisation radicalement séparée de la population, un organisme d’exploitation, d’assujettissement et de contrôle des masses au profit de quelques-uns. C’est l’instrument de domination d’une classe socio-économique. Une classe qui du reste épure chaque jour ses rangs en les paupérisant, et fonctionne de plus en plus comme une caste. La nature maffieuse de cette caste est aujourd’hui manifeste. Elle est sans foi, sans loi, sans autre morale que son insatiable cupidité, sans projet autre que son maintien aux affaires en dépit de tout.
    
    Les « forces de l’ordre » sont exclusivement au service de ce désordre humain et de cette entreprise de pillage qu’est l’ordre capitaliste. On exprime cette réalité plus poliment en disant que leur rôle est de protéger la propriété.

   Mais quelle propriété ? Pas celle des pauvres, assurément, quoiqu’ils soient dépouillés quotidiennement par les exactions de l’État capitaliste et acculés à l’indigence. La loi Quillot de 1982 a fait du droit à l’habitation un droit fondamental ; elle a été consacrée en 1990 par la loi Besson. Pour autant, a-t-on jamais vu les « forces de l’ordre » s’opposer aux injonctions d’un huissier expulsant une famille de chez elle et la mettant sur la paille ?

    La seule forme de propriété protégée par les forces de l’ordre capitaliste est celle des plus riches d’entre les riches. N’oublions jamais qu’Adam Smith, un des initiateurs du libéralisme économique, attribuait à tout gouvernement cette simple fonction : « S'il n'y a pas de propriété, il ne peut y avoir de gouvernement, car le but même de celui-ci est de protéger la richesse et de défendre les riches contre les pauvres. »

    Défendre les riches contre les pauvres, tel est l’apostolat incontournable des « forces de l’ordre ». Point barre.
   
    Alors, quand les pauvres entrent en révolte et caillassent lesdites forces de l’ordre qui les matraquent, les arrosent, leur tirent impunément dessus, etc., de quel côté est l’outrage ? Quand les pauvres fracassent les vitrines des quartiers huppés pour s’emparer des biens futiles et navrants qu’on leur donne à désirer mais qu’ils n’ont jamais les moyens de s’offrir, où est le scandale ? Toutefois, bien que cette violence soit inévitable », il ne s’agit pas d’en accpeter la légitimation. Le faire reviendrait à cautionner la violence de l'Etat policier.
   
Il est lamentable que les gilets jaunes qui se font choper soient abandonnés par les leurs à la solitude et à l’iniquité d’une justice soudainement expéditive, alors qu’elle met des siècles à ne pas juger les délinquants fiscaux et autres voyous de haute volée, financiers ou politiciens. Ce n’est pas de la justice, ce sont les représailles qu’exercent toujours les puissants après qu’ils ont eu peur pour leur peau.

    Pourtant pas la moindre voix ne s’élève à l’encontre de ces violences d’État qui visent à intimider les récalcitrants. C’est un silence assourdissant qui règne. Au moins, en Mai 1968, alors que certains d’entre eux s’étaient fait coffrer par la poulaille, les étudiants, qui ne comptaient parmi eux que bien peu d’enragés, défilaient par milliers au cri de « Libérez nos camarades ! » Aujourd’hui, il serait urgent de penser à libérer les nôtres.

Faux-culs politiques

    Macron a enfin ouvertement donné à la gauche la place qui a toujours essentiellement été la sienne : à droite d’un échiquier politique hémiplégique. C’est grâce à la social-démocratie allemande, en 1919, que la gauche a découvert sa vocation historique : trahir honteusement ses partisans. Et s’il faut au moins lui reconnaître un mérite, c’est de n’être jamais revenu sur cette ligne politique.

    Quant à ceux qui s’en revendiquent encore (PCF, PS, Génération(s), EEV, France soumise, trotskystes décérébrés, anarchistes bêlants, etc.), ils ne sont que la partie résiduelle, calamiteuse et décomposée de ce naufrage intellectuel et moral. S’ils se cantonnent encore « à gauche » d’un système qu’en fait ils plébiscitent de toute leur âme maigrichonne, c’est parce que plus personne n’a plus rien à tirer de leur incompétence.

    Le clivage gauche/droite est depuis toujours une fiction. Les deux factions spectaculaires sont à la botte des marchés, et ne se distinguent que par les ambitions rivales de leurs chefs. En raison du rôle grotesquement démesuré de la dette, du crédit et des produits spéculatifs dans le processus d’accumulation mondialisée du capital, l’auguste comme le clown blanc de cette sinistre farce ont tout à donner aux créanciers et tout à prendre à leurs électeurs. Leur travail à tous deux consiste à renforcer l’emprise idéologique et matérielle d’un système économique dédié à l’extension indéfinie de la valeur d’échange, et qui s’est donné pour mission de dépouiller les activités humaines de toute valeur.

    Les uns envisagent le capitalisme sous l’angle du profit immédiat, les autres sous celui du travail perçu comme une action émancipatrice. Mais profit et travail sont les deux faces du même processus d’exploitation et d’aliénation, au terme duquel les individus sont expropriés d’eux-mêmes.

    Le travaillisme est une religion capitaliste. Au stade de l’économie capitaliste où nous nous trouvons, le travail ne produit plus les conditions d’existence des êtres humains, mais la destruction de leurs conditions d’existence – le désastre écologique en est la preuve. La seule vertu du travail est de créer du profit, et si le totalitarisme économique mondialisé programme et organise désormais sa disparition, c’est tout bonnement parce qu’il n’est plus assez rentable.

    La pratique des ronds-points le samedi annonce le refus définitif de ces pratiques répugnantes et de leur abject habillage spectaculaire. Les Gilets jaunes sont révélateurs du point d’explosion prochain de ce système corrupteur et suicidaire, qui ne prodigue aux humains que des marchandises frelatées et le dégoût de leur humanité.

« Cet état est violent, et ne peut pas durer toujours. Ne vous y fiez pas, ô hommes du monde : il faut que les choses changent. » (Bossuet, Sermon sur la providence)