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Contre la faux-culterie à tous les étages

La violence des Gilets Jaunes

   Les médias et les racailles dont ils aiment à exhiber quotidiennement l’indécence s’insurgent à longueur de temps contre les violences subies ces jours derniers par les « forces de l’ordre ». Mais jamais contre celles que lesdites « forces de l’ordre » infligent aux manifestants qui se battent pour leur dignité et leur pain. Les médias sont payés pour discriminer entre le Mal et le Bien, le peuple et les « élites ». Il est étrange qu’on ne les croie plus et qu’on se promette de leur faire la peau si l’occasion s’y prête.

    En tout état de cause, l’État s’est assuré le monopole de la violence, et il semblerait que cette situation paraisse légitime à tous. Mais en quoi ce monopole serait-il légitime ? Quel « ordre » les « forces de l’ordre » défendent-elles ?
    
    Les « forces de l’ordre » sont exclusivement au service de ce désordre humain et de cette entreprise de pillage qu’est l’ordre capitaliste. On exprime cette réalité plus poliment en disant que leur rôle est de protéger la propriété.

   Mais quelle propriété ? Pas celle des pauvres, assurément, quoiqu’ils soient dépouillés quotidiennement par les exactions de l’État capitaliste et acculés à l’indigence. La loi Quillot de 1982 a fait du droit à l’habitation un droit fondamental ; elle a été consacrée en 1990 par la loi Besson. Pour autant, a-t-on jamais vu les « forces de l’ordre » s’opposer aux injonctions d’un huissier expulsant une famille de chez elle et la mettant sur la paille ?
   
    Alors, quand les pauvres entrent en révolte et caillassent lesdites forces de l’ordre qui les matraquent, les arrosent, leur tirent impunément dessus, etc., de quel côté est l’outrage ? Quand les pauvres fracassent les vitrines des quartiers huppés pour s’emparer des biens futiles et navrants qu’on leur donne à désirer mais qu’ils n’ont jamais les moyens de s’offrir, où est le scandale ? Toutefois, bien que cette violence soit inévitable », il ne s’agit pas d’en accpeter la légitimation. Le faire reviendrait à cautionner la violence de l'Etat policier, pour qui le mot d'odre : "Quand ils cassent, laissez-les casser ! "
   
Il est lamentable que les gilets jaunes qui se font choper soient abandonnés par les leurs à la solitude et à l’iniquité d’une justice soudainement expéditive, alors qu’elle met des siècles à ne pas juger les délinquants fiscaux et autres voyous de haute volée, financiers ou politiciens. Ce n’est pas de la justice, ce sont les représailles qu’exercent toujours les puissants après qu’ils ont eu peur pour leur peau.

    Pourtant pas la moindre voix ne s’élève à l’encontre de ces violences d’État qui visent à intimider les récalcitrants et à réunir la "France profonde" autour de l'ordre et de la sécutité. Car, les images de destruction et de pillage ont l'avantage de discréditer la cause des Gilets Jaunes par des groupes violents qui se révèlent n'être que des "idiots utiles" de l'oppresseur et non un Black Bloc.

   C’est un silence assourdissant qui règne. Au moins, en Mai 1968, alors que certains d’entre eux s’étaient fait coffrer par la poulaille, les étudiants, qui ne comptaient parmi eux que bien peu d’enragés, défilaient par milliers au cri de « Libérez nos camarades ! » Aujourd’hui, il serait urgent de penser à libérer les nôtres.

"Rappelant la nécessité de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales tout en garantissant la sécurité et la paix publique, la Commissaire souligne qu’il est crucial que la proposition de loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs actuellement en discussion à l’Assemblée nationale ne conduise à aucune restriction des libertés d’expression et de réunion pacifique et au droit à la liberté et à la sûreté qui ne serait ni nécessaire ni proportionnée, conformément aux exigences de la Convention européenne des droits de l’homme. A cet égard, la Commissaire est particulièrement préoccupée par la disposition visant à interdire préventivement, par une décision administrative et sans contrôle préalable d’un juge, de prendre part à une manifestation. Elle s’inquiète également de celle érigeant en délit la dissimulation volontaire partielle ou totale du visage au sein ou aux abords d’une manifestation. « De telles mesures, dont la proportionnalité me semble contestable, ne m’apparaissent pas nécessaires pour garantir efficacement la liberté de réunion et risquent d’être, au contraire, perçues comme une entrave à l’exercice de cette liberté. Dans un contexte si délicat, j’invite le gouvernement et le législateur à ne pas aller dans cette direction et à privilégier les voies du dialogue et à garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». la Commissaire Mijatović livre ses premières observations sur les questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes », Conseil de l'Europe, 29 janvier 2019. https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/suite-a-sa-mission-a-paris-la-commissaire-mijatovic-livre-ses-premieres-observations-sur-les-questions-de-droits-de-l-homme-liees-au-mouvement-des-gil?fbclid=IwAR1CAAf3NJZC-xu-yC-tmfAlIDooue9DXYcLZ2wL5pu1MTR7J19iSCHAoow 

Faux-culs politiques

    Macron a enfin ouvertement donné à la gauche la place qui a toujours essentiellement été la sienne : à droite d’un échiquier politique hémiplégique. C’est grâce à la social-démocratie allemande, en 1919, que la gauche a découvert sa vocation historique : trahir honteusement ses partisans. Et s’il faut au moins lui reconnaître un mérite, c’est de n’être jamais revenu sur cette ligne politique.

    Quant aux décérébrés et aux bêlants qui s’en revendiquent encore , ils ne sont que la partie résiduelle, calamiteuse et décomposée de ce naufrage intellectuel et moral. S’ils se cantonnent encore « à gauche » d’un système qu’en fait ils plébiscitent de toute leur âme maigrichonne, c’est parce que plus personne n’a plus rien à tirer de leur incompétence.

    Le clivage gauche/droite est depuis toujours une fiction. Les deux factions spectaculaires sont à la botte des marchés, et ne se distinguent que par les ambitions rivales de leurs chefs. En raison du rôle grotesquement démesuré de la dette, du crédit et des produits spéculatifs dans le processus d’accumulation mondialisée du capital, l’auguste comme le clown blanc de cette sinistre farce ont tout à donner aux créanciers et tout à prendre à leurs électeurs. Leur travail à tous deux consiste à renforcer l’emprise idéologique et matérielle d’un système économique dédié à l’extension indéfinie de la valeur d’échange, et qui s’est donné pour mission de dépouiller les activités humaines de toute valeur.

    Les uns envisagent le capitalisme sous l’angle du profit immédiat, les autres sous celui du travail perçu comme une action émancipatrice. Mais profit et travail sont les deux faces du même processus d’exploitation et d’aliénation, au terme duquel les individus sont expropriés d’eux-mêmes.

    Le travaillisme est une religion capitaliste. Au stade de l’économie capitaliste où nous nous trouvons, le travail ne produit plus les conditions d’existence des êtres humains, mais la destruction de leurs conditions d’existence – le désastre écologique en est la preuve. La seule vertu du travail est de créer du profit, et si le totalitarisme économique mondialisé programme et organise désormais sa disparition, c’est tout bonnement parce qu’il n’est plus assez rentable.

    La pratique des ronds-points le samedi annonce le refus définitif de ces pratiques répugnantes et de leur abject habillage spectaculaire. Les Gilets jaunes sont révélateurs du point d’explosion prochain de ce système corrupteur et suicidaire, qui ne prodigue aux humains que des marchandises frelatées et le dégoût de leur humanité.

« Cet état est violent, et ne peut pas durer toujours. Ne vous y fiez pas, ô hommes du monde : il faut que les choses changent. » (Bossuet, Sermon sur la providence)

" This is the way the world ends, not with a bang, but a whimper " ( T.S Eliot, the waste land ) Voilà comme le monde s'achève, non pas dans un grand BOUM, mais dans un gémissement ... 

Appel des GJ de Commercy, en Meuse

     Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

    Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

     Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.

      Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !

      À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !

       Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que si il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

      Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.

      Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

      Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !

      Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !

     Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

        Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.

Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !

C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça, là haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur giletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

Mis à jour : 5 déc. 2018 à 08:42

Avec les Gilets Jaunes de Moyeuvre, en Moselle

     Merci aux GJ de m'avoir invité, en acceptant de débattre contradictoirement, en particulier sur le Référendum d'Initiative Citoyenne auquel je suis opposé. Je relaye ici leur appel (identique à celui de Commercy), tant il est désespéré. 

     Un des points passionnants du mouvement des Gilets jaunes a été de prouver que, pour une partie d’entre elles, les masses « incompétentes » ne croient plus du tout en la compétence des élites. Le rejet des politiciens, des médias, des partis et des syndicats est une avancée incontestable dans l’amorce d’une déconstruction de ce monde agonisant, même si ces charognards attendent une revanche sur le bord de la route.

    Ne vous déprenez pas de ce qu'ils sont convaincus : selon ses croyances, ses origines sociales, sa sensibilité politique, la couleur de sa peau, selon qu’il est puissant ou misérable, chacun est porteur de représentations qui lui sont propres. Cet ensemble constitue un milieu hétérogène, voire contradictoire. Il a pour nom FRATERNITE et DEMOCRATIE.

   Mon expérience me conforte dans l’idée que des sensibilités philosophiques, politiques et culturelles différentes peuvent fort bien s’accorder en un même regard, autre que marchand, sur un sujet comme celui des discriminations sociales et sexistes. 

Mis à jour : 14 mars 2019 à 13:23

Les cons

     Selon Gaspard Gantzer, l'ancien conseiller de communication de François Hollande, il n'y aurait pas grand monde chez les Gilets jaunes «si on faisait des tests de QI à l'entrée».

     Le fondateur de Doctissimo qualifie les Gilets Jaunes d’êtres inutiles et remplaçables, face aux élites qu’il compare à des dieux…

Ce brave docteur, qui se targue de penser plus vite que tout le monde, devrait faire attention à ses propos, si tu veux mon opinion… Le fascisme cognitif serait-il déjà en marche ? Ou est-ce seulement un dommage collatéral de l’abandon des hôpitaux psychiatriques condamnés à laisser beaucoup de grands fous en liberté ? Et si le campus de Saclay était en réalité un centre psychiatrique d’un genre nouveau ?

     Daniel Gluckstein, du POID, a cru cru apercevoir « une chemise brune qui dépasse » sous les Gilets jaunes des prolétaires soulevés fin 2018.

     Luc Ferry, grand bourgeois libéral, perdant son flegme philosophique, soudain transformé par la trouille en petit-bourgeois fascisant, ia invité à « tirer sur la foule », (sans doute comme les soldats devant le Palais d’hiver en 1905 sur les hommes, les femmes et les enfants qui réclamaient du pain).

     Bernard-Henri Lévy devant le CRIJF (Conseil représentatif des institutions juives de France), l’homme qui possède plus de maisons que cadet Roussel, a comparé les Gilets jaunes aux Ligues d’extrême-Droite anti-parlementaires en février 36, alors soutenues par le fasciste Pierre Drieu la Rochelle.